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Le point sur la commune et les finances communales

2 Décembre 2020 , Rédigé par David Hecq Publié dans #Action Municipale, #Bilan

Le lundi 30 novembre dernier s'est tenue la première commission communale à laquelle nous étions conviés.

Et pas n'importe laquelle : une commission finances sur le budget 2020 ! Naïvement nous pensions que la question des investissements pour 2021 allait nous être posée mais non, il ne faut pas rêver... Nous étions là pour écouter la bonne parole de l'argentier de la commune : Jean-Pierre JULIEN. 

Finalement la crise sanitaire a bon dos car elle permet de supprimer bon nombre d'instances démocratiques et de prendre des décisions unilatérales sans la moindre discussion.

Pourtant de nombreuses collectivités territoriales ont adopté la visioconférence pour organiser leurs débats. La Communauté Urbaine d'Arras fonctionne ainsi depuis le premier confinement de mars. Même dans notre commune, les directrices de nos écoles ont organisé les conseils à distance. On ne peut pas se plaindre des débits internet puisqu'aujourd'hui la commune est correctement desservie par la fibre optique, conformément aux engagements de la précédente équipe.

Comble de l'ironie on sait que madame El Hamine présentera ses vœux à la population... par vidéo ! Sachez par ailleurs que la commune a engagé 4 200 € pour revoir sa communication sur le web (site web, Facebook, YouTube, etc.). Quand on voit ce qu'est devenu le bulletin communal, plutôt que de parler de communication, la nouvelle équipe devrait plutôt parler de propagande.

En tout état de cause les faits sont là : notre convocation à la commission des finances est des plus laconiques. Ordre du jour : bilan financier provisoire de l'exercice 2020 !

Vous vous dites : "rhalala mais David Hecq et son équipe, ils pinaillent... Même s'il ne reste plus qu'un mois avant la fin de l'année, au moins le point est fait. Et puis au moins ils disposent des documents financiers pour fonder sereinement leur analyse contradictoire".

Malheureusement, à part cette simple convocation, aucun document financier n'est transmis. Aucune pièce n'était jointe à cet envoi ! 

Vous vous dites : "rhalala mais faut pas râler comme ça, c'est du boulot de sortir un bilan comptable provisoire, ils ont sans doute eu les documents sur table en arrivant..."

Que nenni les amis ! Les chiffres étaient projetés sur écran et commentés par Jean-Pierre JULIEN.

Alors finalement nous n'avons rien appris ! 

La situation financière est bonne et pour cause notre équipe a laissé un excédent de 896 000 € en caisse (voir l'article suivant) et rien de nouveau a été fait.

La majeure partie des travaux effectués cette année (modernisation de l'éclairage public, chalet à l'étang, etc.) étaient engagés par la précédente équipe. Donc forcément quand vous ne faites pas grand chose, mis à part les travaux du quotidien, vous ne dépensez pas grand chose non plus.

Pour autant si les services publics ont été dégradés cette année en raison de la crise sanitaire, la pression fiscale, elle, n'a pas été réduite. Nous avions pourtant milité pour une baisse symbolique en solidarité avec les habitants mais la seule réponse obtenue a été l'hilarité générale du groupe majoritaire (voir l'article suivant)...

Mais à la vérité ce n'est pas étonnant. Un désagréable sentiment de décalage de valeurs subsiste quand on les écoute.

L'intervention d'Eric GUILBERT, élu majoritaire et urologue de profession, a suscité une vive polémique sur Facebook, choquant même de nombreux internautes... Bien que sincèrement motivée, elle dénote dans le contexte actuel et surtout symbolise une certaine distanciation entre l'exécutif local, visiblement adepte du golf et une population qui galère au quotidien. Une bévue qui fait tâche d'huile sur l'ensemble de la population.

Certains qualifiant même les Anzinois de bourgeois et de nantis alors que la réalité est bien évidemment tout autre.

Eric GUILBERT intervenait suite à l'annonce d'un prêt accordé au Golf d'Arras par la Communauté Urbaine d'Arras.

Sans doute maladroitement et un peu par méconnaissance de la dangerosité des réseaux sociaux qui exacerbent tout au centuple, il invite les gens à pratiquer le golf pour seulement 700 € d'inscription au parcours 9 trous et 200 € d'équipement !

Les réactions ont été forcément très vives pour ne pas dire agressives.

Bien évidemment on ne peut pas lui reprocher cette maladresse.

Il était animé d'une bonne volonté et voulait soutenir à sa manière un équipement qui souffre de la conjoncture. De plus comme nos deux élus à la communauté urbaine ont approuvé cette décision, il aurait été malvenu de faire entendre une voix différente.

Néanmoins cela renforce le sentiment de décalage qui existe entre le groupe majoritaire et notre réalité. Au final les réactions que nous avons reçues ne laissent pas une bonne image de notre commune. Comme si nous étions dans une bulle composée de privilégiés qui jouent au golf pendant que le reste du monde souffrait. Pourtant nous connaissons de nombreux anzinois (commerçants, artisans, professions libérales, entrepreneurs, chômeurs etc.) qui souffrent durement de cette crise. Et chez eux, cette polémique passe mal.

 

Il en va de même pour certaines décisions prises où nous n'avons même pas été informés. Comme vous, nous avons appris que la commune allait recruter quatre services civiques pour faire du lien social !

Une mission généralement dévolue aux élus, c'est même leur raison d'être que d'être au plus proche des individus. Lors du premier confinement, David Hecq et Fabrice Duwez encore élus avaient mis en place une réserve communale composée de bénévoles pour aider les gens en difficulté. cela avait bien fonctionné et le lien social avait été préservé. Jusqu'au bout les élus étaient sur le terrain, coordonnant les opérations tout en s'engageant eux-mêmes auprès des habitants. Cette fois, alors que la crise est tout aussi douloureuse et traumatisante pour les personnes isolées, non seulement on ne fait plus appel à la réserve de bénévoles anzinois mais en plus on délègue une mission de service public.

Ce n'est pas le "service civique" en lui-même qui est en cause car non seulement ce n'est pas très onéreux et cela permet d'aider des jeunes mais c'est cette notion de déléguer une mission qui incombe généralement aux élus. Se faire aider par des services civiques, cela peut s'entendre dans des collectivités plus grandes mais dans une commune de moins de 3000 habitants... ça se discute ! En tout état de cause si la question a été discutée, ce n'était pas en notre présence.

Un autre point nous a surpris : l'article dans le bulletin communal sur les finances. On comprend bien que, fidèle à sa maxime favorite "c'est pas de ma faute, c'est celle de l'ancien maire", Valérie El Hamine souhaite démontrer que nous étions de mauvais gestionnaires mais même comme ça c’est pas très clair !

En effet on peut s’étonner de voir une analyse du budget prévisionnel 2020 exposée en novembre 2020 dans le DASA. L’explication tient sans doute au fait que cet exposé résulte, comme il y est indiqué, de l’analyse financière des comptes du budget 2019 de la commune demandée par la nouvelle équipe municipale à la Direction Générale de finances Publiques.

Il est probable que du fait de la pandémie cette analyse soit parvenue un peu tard…  

Quoi qu’il en soit l’analyse publiée révèle la qualité de la gestion de l’équipe municipale précédente.

Il convient d’ailleurs de souligner que cet exposé est en tout point conforme au vote du conseil municipal qui n’avait d’ailleurs pas fait l’objet de remarques de l’opposition. En effet cette analyse, effectuée par comparaison entre la commune d’Anzin et les communes à la population similaires, apparait plus que positive.

Ainsi les recettes de fonctionnement, essentiellement constituées des impôts et taxes à la charge des anzinois, sont « nettement inférieures à celles des communes de même strate dans le département et la région. Les recettes ont évolué entre 2015 et 2019 de 1,16 % »

Quant aux dépenses de fonctionnement il est indiqué que : « les dépenses de fonctionnement de la commune représentaient 567 € par habitant contre 719€ à l’échelle du département et 724 € à l’échelon régional »

On en déduira naturellement que la gestion du fonctionnement de la commune était particulièrement rigoureuse et respectueuse de l’imposition communale mise à la charge des Anzinois.

Comme il est précisé : « la capacité d’autofinancement brute » est légèrement inférieure à la moyenne départementale. Il est de fait que, comme il est indiqué, c’est grâce à la gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement que la capacité d’autofinancement est naturellement affectée au remboursement de la dette en capital.

Quant au fait que « de nombreux biens communaux ont été vendus », l’augmentation correspondante des ressources communales en est une conséquence naturellement effective et non « artificielle » comme il est indiqué.

L'argent que nous avions récolté de ces ventes (la salle notre-Dame, une parcelle aux Hauts de Scarpe et les vestiaires au collège des Louez-dieu) devait servir à  investir dans notre commune. Notre équipe avait été claire sur le sujet : projet de véritable béguinage avec services associés et mise en valeur du parc du château-mairie.

Ajoutons qu’aucune opposition des conseillers de l’époque, dont faisait partie madame El Hamine, n’a été enregistrée quant à ces ventes.

Mais le plus grave, c'est que nous n'avons aucune visibilité sur les investissements qu'ils souhaitent engager. Nous avons eu écho que le projet de béguinage serait remplacé par une nouvelle salle de sports mais rien n'a été vraiment confirmé ou infirmé par l'équipe en place. Salle de sports dont on se doute bien qu'elle sera très utile au collège des Louez-Dieu, qui même avec ses deux salles de sports, se retrouvera tôt ou tard à l'étroit au vu de son développement actuel.

De notre côté, nous ne sommes pas au service de l'enseignement catholique mais au service de la population anzinoise. Nous demeurerons donc très vigilants sur les investissements à venir.

L’équipe municipale sortante remercie donc chaleureusement l’équipe maintenant en place de cette reconnaissance de la qualité de sa gestion mais s’inquiète de la conclusion de cet exposé.

En effet, si comme il est écrit « la commune investit peu et de ce fait perçoit peu de subventions » il convient de rappeler que les subventions ne couvrent qu’une partie des dépenses d’investissement et que le surplus reste à la charge de la commune et donc de ses habitants contribuables.

On ajoutera que, lorsqu’ils étaient dans l’opposition de la mandature précédente, les élus de la majorité actuelle n’ont présenté aucune proposition d’investissement.

Il est écrit « les emprunts souscrits lors de précédentes mandatures courent jusqu’en 2034 ce qui impose une rigueur constante dans nos dépenses ». On pourrait penser que la précédente équipe a contracté de nombreux emprunts.

En vérité, nous avons attendu que l'emprunt pour le squash soit arrivé à terme pour en faire à nouveau. Le principal emprunt qui restait (et qui demeure encore aujourd'hui) était celui de la rénovation de la salle des fêtes contracté par l'équipe dont faisait partie madame El Hamine à l'époque. Une subtilité qui mérite d'être précisée...

Pour les investissements que notre équipe a réalisé, il faut rappeler la réfection de l’église de Saint Aubin, l’inauguration de la médiathèque et de ses salles associatives, la modernisation de la mairie, la rénovation de l'éclairage public, l’aménagement de l’étang communal, etc. (voir notre bilan si le sujet vous intéresse)

Les emprunts sur la commune sont passés de 626 € à Anzin Saint Aubin en 2014 à 540 € en 2017 par habitant,  soit une baisse de 13,74% alors qu’au niveau départemental pour des communes similaires, ils sont passés de  723 € à 715€ soit une quasi stabilité.

D'autre part, les emprunts contractés par notre équipe à des taux très bas ont permis de ne pas augmenter le montant des impôts des anzinois précisément grâce à la rigueur constante des dépenses, dont en particulier celle des indemnités versées aux élus (et récemment augmentées de +24%…)

Enfin on s’étonnera qu’il ait fallu attendre la réunion du 30 novembre pour établir un bilan financier provisoire des réalisations de l’année 2020. Ces réalisations ont en effet été conduites après l’élection du mois de mars 2020 par l’équipe aux commandes depuis !

Bref un manque de clarté même si en substance on comprend que la nouvelle équipe n'a pas trouvé de cadavres dans les armoires et que la situation financière leur permet d'envisager la mise en œuvre de leur programme électoral...

Sur ce dernier point, malgré les difficultés qui sont les nôtres à accéder aux informations, nous ne manquerons pas de demeurer vigilants.

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